A ceux de l’été…

     Tout est dans la date ou presque.

     30 août… Fin de la période estivale. Fin des vacances. Fin de notre séjour en France….

     Rentrées il y a deux jours maintenant. En plein décalage horaire… Les anglais disent “jet-lag”, avec l’idée d’être à la traîne par rapport à l’avion… c’est bien ça ; se faire distancer par son corps dans l’avion… Toujours au “rythme” français… du mal à se lever… et du mal à se coucher… Hier soir, à 1h30, j’en étais toujours à courir après une Petite Louise aussi surexcitée qu’impossible à gérer. Et, à 2h30, trouvais enfin le sommeil… Longtemps que je n’avais pas été aussi secouée. Depuis un très lointain voyage au Québec je crois. Il n’y a jamais qu’Alice qui a repris immédiatement un rythme approprié. L’est forte, ma fille !

     Je vous épargne, et je m’épargne, les 423 diapos commentées de ces quelques sept semaines passées entre la Loire, la Savoie et même, le temps d’un petit tour émouvant et entrainant, la Corse…

     Rentrées depuis deux jours et comme un drôle de parfum de nostalgie autour de nous. Les fromages, les vendanges tardives, le foie gras… bien sûr… Les paysages de Maurienne, si oppressants à certains, au coeur desquels je me sens bien, de plus en plus rassurée, protégée… bien sûr aussi…  Les boutiques pleines de lumières, de propre, d’indispensables en tous genres… bien sûr encore… Les habitudes retrouvées, les gestes du quotidien d’avant qu’on ne fait plus qu’exceptionnellement et qui en deviennent passionnants : le café en terrasse au soleil, les croissants, brioches ou pains au chocolat en milieu de matinée, mais aussi le fait de faire le plein d’essence (et moi dans le rôle du ravi de la station-service), les kilomètres avalés sur l’autoroute (et la reprise à tue-tête des chansons qui passent à la radio… quel bonheur que de reprendre à tue-tête, à l’abri du ridicule, les chansons qui passent à la radio !)… Ca aussi, oui… Et puis, au-delà de tous ces menus plaisir qui font que, peu importe où je suis et où je vis,  la France est mon pays, il y a, ce qui fait de la France ma France, ce qui donne à ces vacances estivales un vrai goût de petit paradis : il y a vous.

     C’est ça, la France, surtout : vous. Ceux que l’on essaie, et réussit souvent, à revoir chaque été. Ceux qui essaient, et qui réussissent souvent, à se rendre disponibles quand on arrive. Ceux que l’on rate, exceptionnellement, et qu’on attend de revoir tout bientôt. Les d’avant. D’avant le Vietnam, d’avant Pékin, d’avant Hong Kong, d’avant les jolies maisons, les aventures à l’internationale, d’avant les filles, d’avant ayi-l’ayi, d’avant Wong-le-chauffeur, d’avant la peur en avion, d’avant les retours annuels. D’avant l’avant pour les plus historiques. Les familles, les amis. Ceux que l’on a vu une fois, ceux que l’on a vu plusieurs fois, ceux avec qui l’on a vécu plusieurs jours d’affilée, ceux qu’on a eu au téléphone, longuement, ceux que l’on a vu la nuit, ceux que l’on a vu le jour, ceux que l’on a vu la nuit et le jour… Vous avec qui pas de faux-semblants et tant pis pour les contradictions, avec qui pas de vitrine et tant pis si c’est davantage le Ben Thanh market que la devanture de chez Vuitton, avec qui pas de question d’ego qui empêche de s’approcher vraiment et pas de fausse pudeur. Sauf peut-être celle de dire que je vous aime, à une rare et précieuse exception près, d’une qui sait dire ça et qui m’apprend à le dire. Et pourtant je vous aime. Qu’est-ce que je vous aime ! Passe mieux en collectif qu’en individuel. Passe mieux sur un blog qu’en tête à tête. Je vous aime et vous faites de mes étés des fêtes. Chaque année plus belles.

     Merci.

     Nostalgie aujourd’hui, forcément. C’est à chaque fois le bonheur de vous retrouver. C’est à chaque fois beaucoup de vous et trop peu de vous. Histoire sans fin.

     Nostalgie, donc.

     Ce n’est que de la peine, ce n’est que de la nostalgie. C’est de la vie. Et c’est bon d’être vivants ainsi.

     Rentrées depuis deux jours. Les vacances sont finies. Retour à la vie “vraie” où je vous emporte un peu, à la vie à construire, à la vie que je vais dire, c’est sûr, avec plus de régularité, sur ce blog de notre nouvelle vie à nous à Saigon…

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4 réponses à “A ceux de l’été…

  1. Très émouvant billet ! C’était un plaisir de te croiser en coup de vent le jour, de boire la tisane la nuit, et de te dire au revoir au clair d’une lune de loup garou ! Dommage que les enfants ne se soient pas rencontrées ! ce sera pour 2014 alors !!! Allez, hop, c’est reparti pour une année ! bisous à vous et à bientôt via les posts !

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